Santé / Bien-être | Après une deuxième greffe, Jérôme Hamon devient l'homme aux trois visages
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Après une deuxième greffe, Jérôme Hamon devient l'homme aux trois visages

Publié par Marie-eve Wilson-jamin - le 18 avr. 2018

Jérôme Hamon, 43 ans, est le premier homme au monde à avoir subi deux greffes du visage. Il avait été opéré une première fois en 2010, à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris.

Après une deuxième greffe, Jérôme Hamon est l'homme aux trois visages

Jérôme Hamon, le premier homme au monde à avoir subi deux greffes de la face, a dévoilé sa nouvelle « tête » lors d'une rencontre avec les médias, lundi 16 avril, soit trois mois après sa dernière opération. « Je me sens très bien », est parvenu à dire le quadragénaire. « J'ai hâte d'être libéré de tout ça », a-t-il ajouté, fatigué par le lourd traitement immunodépresseur empêchant un nouveau rejet qu'il doit toujours subir.

Pour rappel, Jérôme Hamon a été greffé parce que depuis l'enfance il souffre d'une maladie génétique qui a déformé son visage, la neurofibromatose de type 1. En 2010, il se tourne alors vers le Pr Laurent Lantieri, chirurgien plastique, afin qu'il réalise une greffe totale de la face. Une première mondiale réalisée à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, près de Paris.

Un traitement contre le rhume entraîne un rejet de son premier visage greffé

Mais la même année, Jérôme Hamon est soigné pour un rhume par un antibiotique incompatible avec son traitement immunodépresseur. En 2016, il commence à montrer des signes de rejet chronique, et son visage se dégrade. À l'été 2017, il est hospitalisé, et en novembre, son visage greffé, qui présente des zones de nécrose, doit lui être retiré. En septembre, Jérôme Hamon est alors une nouvelle fois inscrit parmi les patients en attente d'une greffe. Il reste deux mois sans visage.

Le 15 janvier, l'équipe du Pr Laurent Lantieri, à l'hôpital européen Georges-Pompidou, se charge d’apposer cette nouvelle face sur le visage du patient en le reliant à tout ce qui fait l'anatomie complexe de la tête. Une réussite technique, mais aussi psychologique assure le patient lui-même. « La première greffe, j'ai accepté immédiatement le greffon. J'ai considéré que c'était un nouveau visage et maintenant c'est pareil », estime ainsi Jérôme Hamon. « Si je n'avais pas accepté ce nouveau visage, ça aurait été un drame. Effectivement, c'est une question d'identité. [...] Mais là, c'est bon, c'est moi. »

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