Santé / Bien-être | Homéopathie : les académies de Pharmacie et de Médecine vent debout
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Homéopathie : les académies de Pharmacie et de Médecine vent debout

Publié par Anton Kunin - le 1 avr. 2019
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Dans un avis commun, les académies de Pharmacie et de Médecine demandent d’interdire toute revendication thérapeutique pour les préparations homéopathiques, ainsi que de ne plus les rembourser.

Homéopathie : l’absence d’efficacité démontrée doit être mentionnée sur le packaging

« Prescrire l’homéopathie, d’accord, mais sans revendiquer une indication thérapeutique, et sans la rembourser » : ainsi peut-on résumer l’avis commun que viennent de publier les académies de Pharmacie et de Médecine. Les deux institutions ne sont pas opposées au recours à des préparations homéopathiques, mais souhaitent que celui-ci soit très encadré. Pour les deux académies, le médecin prescrivant une préparation thérapeutique doit être conscient qu’il use d’un placebo avec attente, et ne doit pas la prescrire si elle retarde la procédure diagnostique et/ou l’établissement d’un traitement reconnu efficace.

Quant aux préparations homéopathiques que les gens choisissent eux-mêmes d’acheter en pharmacie, les académies estiment que les consommateurs ne doivent pas être induits en erreur. À cette fin, elles proposent que les préparations thérapeutiques, dont l’efficacité n’a pas été prouvée, portent la mention « L’efficacité du produit n’a pas été démontrée selon les normes en vigueur ».

Les académies appellent à ne plus rembourser l’homéopathie

Mais surtout, les deux académies appellent les pouvoirs publics à ne plus rembourser l’homéopathie, « tant que la démonstration d’un service médical rendu suffisant n’en aura pas été apportée ». « Le remboursement de ces produits par la Sécurité sociale apparaît aberrant à une période où, pour des raisons économiques, on dérembourse de nombreux médicaments classiques », estiment les deux académies.

S’agissant de l’enseignement de l’homéopathie, les deux académies considèrent qu’« en l’état actuel des connaissances et de l’insuffisance des recherches expérimentales et cliniques, il apparait inopportun de faire délivrer » des diplômes d’homéopathie. « Un tel titre universitaire aurait pour effet de cautionner une méthode thérapeutique qui n’est pas acceptée ni utilisée par la plus grande partie du corps médical », mettent en garde les auteurs de l’avis.

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