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Actualités | Management : et si l’on prenait exemple sur la vie monastique ?
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Management : et si l’on prenait exemple sur la vie monastique ?

Proposé par Pauline Picquette - le 19 oct. 2020

La Règle de Saint-Benoît, vous connaissez ? Depuis plus de 15 siècles, elle régit la vie des moines bénédictins : gestion des conflits, sens du travail, respect de chacun, prise en compte des rythmes,.... Elle est pleine de « recettes » pour le management d’une communauté, mais également pour les entreprises qui s’inspirent de la dite « Règle » pour organiser le plus sereinement possible la vie des hommes et des femmes qui y travaillent.

La Règle de Saint-Benoît : quelques précisions

C’est le texte fondateur de la tradition monastique occidentale : il fut rédigé par Benoît de Nursie entre 537 et 547. Ce texte organise tous les aspects de la vie de milliers de moines et de moniales à travers le monde : équilibre entre la communauté et l’individu, le quotidien et le spirituel, le fort et le faible… C’est aujourd’hui, à vrai dire, très actuel dans notre société moderne.

Pourquoi les entreprises prennent-elles comme modèle certains principes de la vie monastique ?

De nombreuses start-up et entreprises ont recours aux postures de management issues de la Règle pour trouver des solutions, des mots apaisants aux maux du travail : écoute, silence, humilité, bien-être. Voici donc 5 situations concrètes et des solutions proposées qui apporteraient du bien-être aux salariés : 

1. On retrouve le sens du travail… en faisant autre chose

  • La situation : Un défi constant pour le salarié : flexibilité, performance, disponibilité,… en prenant en compte les savoir-faire acquis. On fait comment ?
  • La méthode SB : Il faut aimer ce que l’on fait du début à la fin et en trouver la finalité. L’innovation est une solution à envisager en construisant et non pas en démolissant ce qui a déjà été réalisé ; chacun amène son savoir-faire et son expérience… et les nouvelles idées doivent, évidemment, répondre aux engagements de l’entreprise.
  • Les conseils : Prendre de la distance, face aux tâches quotidiennes, afin de saisir toutes les occasions, projets, réflexions, formations. Définir la raison d’être de l’entreprise et s’assurer que tous en ont connaissance.

2. On se tait et on écoute… pour prendre des décisions

  • Situation : Les travers de la « réunionite » (et aux réunions interminables) qui cachent un manque d’organisation et de réflexion collective.
  • La méthode SB : Pour s’écouter, il faut faire silence… et c’est de ce silence que naît le dialogue. Quand j’écoute, je crée un espace disponible pour l’autre qui s’exprime et je lui permets de se réaliser, d’être lui. Souvent dans les entreprises, on confond réunions d’information et réunion de consultation où les décisions n’ont pas été prises.
  • Le conseil : Préparer les réunions collectivement en silence (10 à 20 min) en prenant  le temps du silence avant et après, pour récapituler en soi, avec efficacité et réflexion.

3. On mesure sa parole… pour résoudre un conflit

  • La situation : Un conflit survient entre 2 collègues d’où un état de malaise, voire de souffrance, au sein du groupe.
  • La méthode SB : Dans l’équilibre d’un groupe, c’est grâce à la communication que l’on peut s’apercevoir si les gens vont bien (ou pas). La clé réside dans la maîtrise de la parole qui canalise les émotions, car la parole peut être violente… D’où la nécessité de garder le bon ton et ne pas crier, car le cri disqualifie la parole.
  • Les conseils : Reporter son expression en analysant sereinement la situation et demander l’aide d’un médiateur.

4. On retrouve son rythme… en s’abandonnant

  • La situation : Je suis « dé-bor-dé » ! Le rythme des activités entraîne une pression sur chacun jusqu’à perdre pied… jusqu’au « burn-out ».
  • La méthode SB : Il faut apprendre à connaître quel est notre véritable rythme intérieur et personnel. Tout s’accélère, tout va vite, même le temps du loisir et de l’amour : il faut respecter les rythmes et surtout savoir se déconnecter.
  • Les conseils : S’offrir, chaque jour, 2 temps de silence (5 min) encadrant la journée pour goûter la saveur du temps ou d’un temps, pour ralentir son mental et prendre conscience de ce qui nous arrive.

5. On se trompe… pour réussir

  • La situation : Dans la course à la réussite, une erreur ou une fragilité peut mettre en doute notre estime de soi. 
  • La méthode SB : Aujourd’hui, on sclérose les salariés qui craignent la sanction et refusent les responsabilités. Or, l’erreur est l’un des principaux facteurs de l’amélioration d’un projet. Toute la communauté de l’entreprise doit prendre en compte les besoins, les talents et les limites de chacun.
  • Les conseils : Revenir sur les erreurs et les échecs d’un projet en s’interdisant de rappeler les fautes sur tel ou tel et dégager, pour 3 erreurs, 3 éléments qui ont marché.

De facto, pas de « miracles », mais moins de stress, du calme retrouvé, du bien-être et un intérêt renouvelé dans le travail pour tous… et pourquoi pas du bonheur ?

Crédit photos: © shutterstock