Actualités | Réchauffement climatique : l’augmentation de températures actuelle déclencherait des points de non-retour
Actualités

Réchauffement climatique : l’augmentation de températures actuelle déclencherait des points de non-retour

Laura J. Publié par Laura J. - le 9 sept. 2022

La nouvelle est tombée : à en croire une étude publiée dans la revue Science jeudi 08 septembre, atteindre l’objectif de limitation du réchauffement climatique le plus ambitieux ne serait même pas suffisant pour endiguer les conséquences néfastes engendrées par les changements de températures. Ne pas dépasser + 1.5°C semble déjà être pratiquement inatteignable, et malheureusement, les scientifiques à l’origine du papier à peine révélé au grand public annoncent désormais que plusieurs points de basculement climatiques seraient au goût du jour et engendreraient des réactions en chaîne catastrophiques. Voyons un peu ce que disent ces chercheurs.

Qu’est-ce qu’un point de basculement ?

Peut-être est-il plus simple de commencer cet article explicatif par une définition claire. La plus pertinente semble être celle fixée par le GIEC (c’est-à-dire le Groupe d'experts climat de l'ONU). Un point de basculement, c’est donc selon cette entité « un seuil critique au-delà duquel un système se réorganise, souvent brutalement et/ou de manière irréversible ».

Lorsqu’un point de basculement est déclenché, il entraine avec lui toute une série de bouleversements et crée un effet boule de neige de manière inéluctable. Il est alors à l’origine de conséquences en cascade qui sont très difficiles à anticiper.

Quel est l’objectif de cet article scientifique ?

Le but de l’étude publiée dans Science est de mieux estimer les seuils de déclenchement de ces points de rupture, notamment en condensant environ 200 recherches menées par les scientifiques les plus spécialisés de la planète en la matière.

Jusqu’à présent, les experts estimaient que les premiers points de rupture seraient déclenchés à partir du moment où une augmentation de 3 à 5 °C serait atteinte. Cette publication-ci vient bouleverser la donne puisqu’elle annonce que les estimations n’étaient pas exactes et que ces changements seraient déclenchés à partir de 1.5 °C d’augmentation, et peut-être même dès à présent.

La hausse des températures enregistrée à l’heure actuelle et qui ne cesse de s’accentuer est en effet apparemment déjà susceptible d'amorcer 5 de ces points de rupture, notamment autour du sujet de la fonte des calottes glaciaires en Antarctique et au Groenland.

Quels points de basculements sont susceptibles d’être rapidement atteints ?

Autre nouveauté, les chercheurs ont identifié un total de 16 points de basculement majeurs :

  • 9 au niveau planétaire ;
  • 7 au niveau régional.

Sur ces 16 éléments identifiés, nous avons vu plus haut que 5 sont déjà susceptibles d’être très rapidement d’actualité – rappelons que nous avons enregistré jusqu’à présent une augmentation de 1.2°C par rapport aux températures de l’ère préindustrielle. Les points en question concernent notamment :

  • Les calottes glaciaires, dont la fonte serait responsable à l’échelle de plusieurs centaines d’années d’une augmentation de 10 mètres du niveau de l’océan ;
  • Un potentiel dégel brutal du permafrost dans l’hémisphère nord, qui en plus de modifier les paysages libèrerait d’immenses quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ;
  • L'arrêt de ce que l’on appelle le phénomène de transfert de chaleur se produisant dans la mer du Labrador. Ce dernier amène de l'air chaud sur le continent européen. Un bouleversement de ce mouvement de convection entrainerait donc des hivers plus froids ;
  • La disparition des barrières de corail déjà bien amorcée et qui impacterait plus de 500 millions d’humains sur la planète.

Lorsqu’un réchauffement de + 1,5°C sera atteint (d’ici quelques années donc), 4 autres points basculeront alors de la catégorie « possible » à la catégorie « probable ». En plus de cela, l’étude explique que 5 autres éléments sur ces 16 deviendront à leur tour « possibles ».

Un appel au changement et à la positivité est toutefois lancé

La conclusion de l’étude se veut cependant positive. Ces points de basculement aggraveraient très peu le réchauffement selon les experts. Ces derniers pensent en effet que l'humanité est encore en mesure de limiter les dégâts.

Tim Lenton, l’un des scientifiques impliqués dans la recherche conclut "Peut-on changer, transformer nos modes de vie? Penser de manière systémique, avec cette idée de point de rupture, nous donne une lueur d'espoir".