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Un traitement contre la calvitie faciliterait la dépression voire les idées suicidaires

Marie-eve Wilson-jamin Publié par Marie-eve Wilson-jamin - le 30 oct. 2017
Des effets indésirables psychiatriques sont apparus chez certains patients. © © Shutterstock

L’Agence du médicament met en garde contre le finastéride, une molécule prescrite à 30.000 hommes chaque année pour lutter contre la chute des cheveux.

Des cas de dépression voire des idées suicidaires et des cas de cancer du sein

L’Agence de sécurité du médicament (ANSM) met en garde, dans un communiqué daté du 26 octobrecontre l'utilisation du finastéride, vendu comme médicament sous le nom de Propecia ou Proscar. Utilisé par près de 30.000 hommes en France pour lutter notamment contre des problèmes de calvitie, ce médicament provoquerait plusieurs effets secondaires à haut risque. 

Dans ce communiqué destiné aux patients et aux professionnels de santé, l'Agence du médicament alerte : « En plus des effets indésirables déjà connus sur la libido, des cas de dépression et plus rarement d'idées suicidaires, ont été observés chez des hommes qui prennent du finastéride ». Et d'ajouter : « Tout changement d'humeur doit conduire à une interruption du traitement et à une surveillance ». Enfin, « comme mentionné dans les documents d'information, des cas de cancer du sein ont également été rapportés chez des hommes traités par finastéride ».

La calvitie touche 70 % des hommes

Le Propecia, médicament qui contient 1 milligramme de finastéride, est prescrit aux hommes afin de lutter contre la chute des cheveux. Il est prescrit à environ 30.000 hommes en France. Dosé à 5 mg (Chibro-Proscar et génériques), ce médicament est indiqué dans le traitement et le contrôle de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Il agit en bloquant une enzyme qui se trouve dans le cuir chevelu et les organes sexuels afin de métaboliser la testostérone. Mais l'ANSM précise que « depuis la commercialisation de Propecia en 1999, des effets indésirables psychiatriques ont été signalés, suggérant un lien possible entre la prise de finastéride et une dépression ou des idées suicidaires ».

Pour rappel, la forme la plus fréquente de calvitie, l’alopécie androgénétique, héréditaire, touche 70 % des hommes. Des chercheurs de l’université du Texas expliquent, dans la revue Genes and Development, avoir découvert par hasard, dans le cadre d'une autre étude, les effets d'un gène, le KROX20, sur la production capillaire. Quand ces chercheurs ont éliminé chez la souris les cellules capables de fabriquer des protéines KROX20, la calvitie est apparue progressivement chez l’animal. Les scientifiques espèrent maintenant réussir à créer une crème anti-calvitie permettant de stimuler la production de cette protéine dont la quantité semble diminuer avec l’âge.  

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