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Deux anti-corrida jugés en juin à Nîmes pour l'envoi de lettres piégées

Beaudoin Cecilia Publié par Beaudoin Cecilia - le 16 mars 2018
taureau © © Shutterstock

Des enveloppes renfermant des lames de cutter et de rasoir avaient été envoyées à des pro-corrida, début 2017, suscitant l'émoi dans le milieu de la tauromachie. Les deux auteurs de ces lettres piégées seront jugés à Nîmes, fin juin. Ils encourent chacun dix ans de prison. 

Parmi les personnalités visées, un directeur d'arènes, des toreros, des défenseurs de la culture taurine...

L'année dernière, environ 25 personnes liées au monde de la tauromachie avaient été destinataires d'une cinquantaine de lettres piégées, renfermant des cartes postales... et des lames de cutter ou de rasoir. Parmi les personnalités visées, citons Simon Casas, le directeur des arènes de Nîmes, Valence et Madrid en Espagne, ainsi que Jean-Baptiste Jalabert, le patron des arènes d'Arles, plus connu sous son nom de torero, Juan Bautista.

Les deux prévenus, âgés d'une quarantaine d'années, comparaîtront devant le tribunal corectionnel de Nîmes le 26 juin pour « violences et blessures volontaires avec préméditation, en réunion et avec armes », a indiqué Stanislas Valat, le procureur adjoint de Nîmes. Le procureur a réclamé, mercredi 14 mars 2018, un contrôle judiciaire à leur encontre. Tous deux risquent jusqu'à dix ans de réclusion. 

Des manifestations d'anti-corrida souvent tendues

Jusqu'alors inconnus de la justice, ces deux anti-corrida se connaissent pour fréquenter des associations de lutte contre la tauromachie. La femme est originaire de Castelsarrasin dans le Tarn-et-Garonne et l'homme habite près de Montpellier, dans l'Hérault. Tous deux ont reconnu les faits au cours de leur garde à vue et justifié l'envoi de ces lettres piégées par le fait de « ne pas supporter les tortures infligées aux animaux ». Quitte à entailler des doigts humains : le trésorier de l'Observatoire national des cultures taurines, une association de défense de la tauromachie basée à Arles, s'était blessé aux doigts en décachetant une de ces lettres. 

L'enquête, centralisée au parquet de Nîmes, avait été confiée au groupement de gendarmerie du Gard et à la section de recherche de la ville. Les enquêteurs, après avoir prélevé de l'ADN sur les timbres et les lames de cutter, avaient réussi à identifier le vendeur des cartes postales puis à remonter la piste jusqu'aux suspects. Lors de la féria de juin 2017 à Nîmes, 70 anti-corrida avaient été interpellés au cours d'une manifestation interdite.