Écologie | Le jean : entre histoire universelle et révolution éco-responsable
Écologie

Le jean : entre histoire universelle et révolution éco-responsable

Pauline P. Publié par Pauline P. - le 17 janv. 2023
jean tissu

C’est le pantalon le plus porté et le plus vendu dans le monde. Le « blue jeans » n’a pas pris une ride, depuis un siècle et demi d’existence. Dix choses à savoir sur cet indémodable.

Voyage dans le temps pour découvrir l’histoire du jean

  • L’histoire de ce pantalon a débuté le 20 mai 1873 lorsque Jacob Davis et Lévi Strauss déposent leur brevet aux Etats-Unis : une technique de renfort des pantalons de travail par des rivets de cuivre.
  • Le terme « denim » est la concentration de « de Nîmes », qui une toile de coton à armure (technique de tissage) de serge (textile composé de laine et de soie). Cependant, l’histoire du jeans est plus compliquée : pour les Italiens, le mot jeans proviendrait de la ville de Gènes où le textile appelé « jeane » (toile de coton et de lin) similaire au velours côtelé était fabriqué au 19ème siècle. Pour les Français, ce sont les tisserands de Nîmes qui créèrent un textile connu sous le nom de « toile denim », toile sergée de Nîmes.
  • La fameuse couleur bleue du fil de chaîne provenait d’une teinture nommée « blue de genoa » (bleu de Gênes) d’où le nom de « blue jeans ». Cette couleur est obtenue de manière naturelle grâce à l’indigotier. Aujourd’hui, on utilise de l’indigo synthétique, de l’eau et des produits chimiques pour fixer le bleu (car il doit s’oxyder).
  • Importé aux Etats-Unis au 19ème siècle, le textile fut transformé en pantalons très résistants et aux multiples poches (4 à l’origine), portés par les mineurs (lors de la ruée vers l’or en Californie), puis adoptés par les ouvriers du chemin de fer, les agriculteurs, les cow-boys et enfin par l’armée américaine durant la Seconde Guerre Mondiale.
  • Le jeans (abrégé de blue jeans) connaitra son âge d’or dans les années 1940-50 ; instrument de révolte, d’opposition contre les valeurs traditionnelles, il sera porté par les idoles de l’époque, Marlon Brando, James Dean, Elvis Presley…
  • Le jean devient dans les années 1970-80, un pantalon qui subit mille tortures : troué, délavé, maltraité… Cet aspect est obtenu par des lavages à la pierre ponce ou de jets de sable.
  • Quelques décennies plus tard, il va coloniser la planète entière et devient un vêtement standard que l’on retrouve dans toutes les classes de la société. Aujourd’hui, le jean est un objet unisexe, basique et abordable pour tous.
  • Pour le rendre plus léger et plus souple, le coton est mélangé avec 2 fibres synthétiques, le polyester et l’élasthanne, ce qui permet de le rendre bon marché et standardisé.
  • Quelques chiffres : 2,3 milliards de jeans fabriqués dans le monde par an, soit 73 par seconde.

Le côté obscur de la fabrication du jean

L’utilisation et la fin de vie du jean représente 48% des gaz à effet de serre émis au cours de l’ensemble du cycle de vie, eau, lessive et énergie. Pour faire un «  jeans », il faut des rivets en zinc d’Australie, des fermetures éclair du Japon, du coton de Chine, d’Inde ou des Etats-Unis, de la teinture bleu indigo (de synthèse) d’Allemagne ou de Chine, de la pierre ponce de Turquie et 50 produits chimiques pour le vieillissement de la toile en Tunisie… pour des jeans fabriqués au Pakistan ! Soit environ 65 000 km.

Zoom : le jean en France

De jeunes entreprises éco-responsables fabriquent et produisent des pantalons de qualité « made in France » (le selvedge), mais cela reste une activité de « niche »… ils sont plus chers mais plus résistants. Ce sont Le Gaulois Jeans, LA FRANCAISE (en Vendée), Dao Davy (à Nancy), l’Atelier Truffery (en Lozère), Monsieur Falzar (en Normandie).