Santé / Bien-être | Gels antibactériens : 200 spécialistes tirent la sonnette d'alarme
Santé / Bien-être

Gels antibactériens : 200 spécialistes tirent la sonnette d'alarme

Anton Kunin Publié par Anton Kunin - le 30 juin 2017
Les gels antibactériens comporteraient plus de risques que de bienfaits. © © Shutterstock

Même si vous n’utilisez pas vous-même ces produits, vous en avez certainement déjà vu dans les pharmacies et les rayons spécialisés des grandes surfaces. Et pourtant, les gels antibactériens ne sont pas aussi inoffensifs que l’on croit.

Les gels antibactériens induiraient un effet d’accoutumance et diminueraient la résistance aux antibiotiques

Les gels antibactériens tuent certes des microbes, mais leurs effets secondaires contrebalanceraient sans doute leurs bienfaits. Telle est la conclusion à laquelle sont arrivés 200 spécialistes de la santé réunis à Florence, à l’occasion d’un colloque sur les polluants organiques persistants. Originaires de 29 pays, ces chercheurs ont rédigé un « Manifeste de Florence », dont les dix points passent en revue les différents dangers de deux composants clés : le triclosan et le triclocarban.

Ces substances persisteraient dans l’environnement et s’accumuleraient tout particulièrement en milieu aquatique, en empoisonnant la faune et la flore sous-marine, ainsi que l’eau potable. À force d’y être exposé de façon régulière et prolongée, l’homme finit par s’y habituer et leurs propriétés antibactériennes s’en trouvent donc réduites. De plus, ces substances favorisent le développement d’une résistance aux antibiotiques.

Les gels antibactériens contiendraient des perturbateurs endocriniens 

Selon les signataires du « Manifeste de Florence », le triclosan et le triclocarban provoqueraient des dérèglements hormonaux, favoriseraient le développement de cancers et provoqueraient des problèmes reproductifs, voire seraient à l’origine de troubles de développement chez l’enfant. Par ailleurs, l’exposition au triclosan augmenterait le risque de développement d’allergies.

Depuis 2014, en Europe, la concentration maximale de ces substances est limitée à 0,3 % dans les dentifrices, savons, gels douche, déodorants en stick, poudres pour le visage, produits anticernes et produits de manucure. Dans les bains de bouche, leur présence est même limitée à 0,2 %. Mais les chercheurs à l’origine de l’appel estiment qu’il faut aller beaucoup plus loin, en interdisant tout bonnement l’utilisation de ces substances.

À lire aussi : Comment limiter au quotidien son exposition aux perturbateurs endocriniens