Santé / Bien-être | Si vous parlez dans votre sommeil, vous dites sans doute beaucoup de grossièretés !
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Si vous parlez dans votre sommeil, vous dites sans doute beaucoup de grossièretés !

Publié par Beaudoin Cecilia - le 22 janv. 2018
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Ceux qui parlent durant leur sommeil auraient un langage assez vert. C'est le résultat d'une étude tout à fait sérieuse menée par une équipe française de spécialistes du sommeil. 

La parole nocturne se libère au moment de rêves sous tension

Au cours de leurs enregistrements pendant le sommeil, l'équipe de scientifiques a souvent entendu des « non », des « fuck », des « putain », « fais pas chier », des « ta gueule » et même un... « espèce de fonctionnaire » ! La surprise est de taille : ceux qui parlent en dormant profèreraient un catalogue d'insultes ! C'est en effet ce qui ressort de l'une des seules analyses réalisées sur le fait de parler en dormant, publiée dans la revue spécialisée Sleep.

Cette information pour le moins surprenante est le fruit de recherches néanmoins sérieuses menées par une équipe de spécialistes du sommeil sur environ 10 000 personnes. Leur objectif consistait à analyser les mots et expressions entendus chez les dormeurs au cours de leur sommeil. Au total, les chercheurs sont parvenus à identifier 3 349 mots différents. 

Les phrases prononcées respectent la syntaxe

Les chercheurs voient, dans ce langage nocturne fleuri, le signe qu'un conflit est en train d'être réglé dans le rêve un peu tendu du dormeur. « L'immense majorité du temps, ce qui est en train d'être dit est conflictuel, ce sont des moments de tension. » Les mots prononcés traduisent visiblement le contenu mental au moment du rêve. « La fréquence élevée de négations, d'exclamations, de questions et d’injures suggère qu'une conversation qui se déroule lorsque le cerveau dort est plutôt tendue, avec des conflits fréquents », relèvent ainsi les chercheurs.

L'autre enseignement de ces travaux réside dans le fait que lorsqu'une phrase est audible, elle est généralement formée correctement. « Les parleurs nocturnes utilisent les mêmes circuits cérébraux pour parler que lorsqu'ils sont éveillés, ils respectent le temps de réponse de leur interlocuteur imaginaire, la sémantique, la syntaxe, la grammaire... », souligne Isabelle Arnulf, chef du service des pathologies du sommeil à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière et chercheuse à l'Institut du cerveau et de la moëlle épinière. Les dormeurs ne seraient donc pas les moins respectueux de notre langue !

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