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Un algorithme identifie des personnes aux idées suicidaires

Marie-eve Wilson-jamin Publié par Marie-eve Wilson-jamin - le 2 nov. 2017

Des chercheurs américains sont parvenus à créer un algorithme capable d'identifier, dans 90 % des cas, des personnes ayant des idées suicidaires. 

L'agorithme est capable de détecter les personnes aux idées suicidaires dans 90 % des cas

Et si la prévention du suicide utilisait un algorithme pour repérer les personnes à risque ? Des chercheurs de l'Université de Pittsburgh, aux États-Unis, ont publié les résultats de leurs recherches dans la revue Nature Human Behavior, le 30 octobre. Ces scientifiques sont ainsi parvenus à créer un algorithme capable d'identifier, dans 90 % des cas, des personnes ayant des idées suicidaires. Ce n'est pas tout : dans un groupe, une personne ayant déjà réalisé une tentative de suicide a même été repérée.  

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques ont étudié 17 jeunes personnes, âgées de 18 à 30 ans, qui avaient fait part peu de temps avant de leurs envies suicidaires à leurs psychologues. Les chercheurs ont dans le même temps travaillé avec 17 autres personnes « en bonne santé mentale ». Tous les participants ont passé une IRM fonctionnelle (imagerie par résonance magnétique), permettant d'analyser l'activité cérébrale grâce à l'afflux de sang oxygéné.

Des mots affichés, des cerveaux scrutés

Les participants ont alors vu s’afficher des mots, positifs (insouciance, vitalité, gentillesse) et d’autres négatifs (cruauté, inquiet, obscurité). Dix d'entre eux étaient associés au suicide et à la mort (sans espoir, funèbre, désespéré). Quand les participants réfléchissaient aux mots, les cherheurs observaient les parties du cerveau en action. L’ensemble des données récoltées a ensuite été traité par l’algorithme. Au final, dans 91 % des cas, l’ordinateur a réussi à dire si les images de l’IRM appartenaient à des personnes aux idées suicidaires ou à des jeunes gens en bonne santé mentale.

En 2016, des scientifiques de l’université de Cincinnati avaient déjà testé avec succès un algorithme conçu pour analyser la voix de patients. Leurs résultats ont été publiés dans la revue scientifique Suicide and Life-Threatening Behavior. Les écrits de candidats au suicide et l’emploi d’un vocabulaire morbide, ou de certaines associations de mots, constituent un indice de fragilité. Peut-être que ces logiciels permettront à l'avenir d’épauler les médecins dans le dépistage de certains troubles mentaux.