Actualités | Bientôt moins de gares desservies par le TGV ?
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Bientôt moins de gares desservies par le TGV ?

Publié par Beaudoin Cecilia - le 10 nov. 2017
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Alors que le Gouvernement souhaite revoir la stratégie de desserte de la SNCF, il n'est pas exclu que les trains à grande vitesse arrêtent de desservir les gares les moins rentables. 

Étudier le modèle économique ferroviaire de demain

Ce jeudi 9 novembre, six maires de villes moyennes se sont entretenus avec Elisabeth Borne, ministre des Transports, pour défendre l’avenir des lignes de train à grande vitesse en milieu rural. Les élus locaux s'inquiètent en effet d'une possible disparition des arrêts-TGV dans les gares les moins fréquentées du pays.

Pour le moment, aucune suppression n'a été rendue officielle. Mais le Gouvernement a donné trois mois à Jean-Cyril Spinetta, l'ancien patron d'Air France, pour étudier le service ferroviaire de demain. Dans une lettre de mission, le ministre des Transports lui demande de « préciser la stratégie de desserte par le transport ferroviaire à l’horizon 2030 et de tenir compte des autres modes de transports susceptibles de constituer une alternative pour le voyageur ».

Des lignes SNCF fermées mais remplacées par d'autres modes de transport ?

Aujourd'hui, 70 % des 230 gares TGV du pays, soit 160 gares au total, sont desservies à perte. Une quinzaine de gares sont fréquentées chaque jour par moins de 300 voyageurs, en comptant les usagers du TER. Il n'est donc pas exclu que ces petites gares de province, peu rentables voire déficitaires, puissent un jour se voir privées de leur connexion avec le réseau à grande vitesse. La ligne TGV Brive-Lille a d'ailleurs été supprimée en mai 2016, tandis que certaines liaisons secondaires assurées par le TER ont disparu, remplacées par des cars. 

La question du maintien des dessertes TGV obéit donc à une double logique, économique et politique. Du fait de nombreux foyers de pertes financières, la SNCF, détenue à 100 % par l'État, enregistre 45 milliards d'euros de pertes chaque année mais ambitionne de parvenir à une viabilité économique. Pour la ministre des Transports, qui travaille sur la prochaine Loi d'orientation sur la mobilité, la difficulté consiste à valider un projet d'aménagement du territoire qui permette aux régions de garder de la mobilité pour ne pas perdre en attractivité, tout en tenant compte de la viabilité économique de l'ensemble. Son arbitrage est très attendu.