Écologie | La pyrale du buis, l’ennemi public des jardins !
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La pyrale du buis, l’ennemi public des jardins !

Pauline Picquette Publié par Pauline Picquette - le 17 avr. 2023 à 18:00
papillons jardin

La présence de ce redoutable « dévoreur » fait grand bruit au vu du désastre de plantations entières de buis depuis quelques années. Pris de cours, les jardiniers ont organisé la lutte et pour bien gérer l’insecte «  défoliateur », ils ont mis en place des techniques de « combat » contre le prédateur.

Pyrale du buis : qui est cet insecte vorace ?

  • Fiche d’identité : Cydalina perspectalis
  • Papillon nocturne, originaire d’Asie orientale, aux ailes blanches et brunes ornées de petites taches blanches en forme de demi-lune à chaque extrémité.
  • Introduite depuis 2007, la pyrale est un papillon colonisateur et à prolifération rapide.
  • Les femelles pondent environ 200 à 300 œufs par ponte qui éclosent sous 48 h. La métamorphose se fait en 4 phases : au stade 1, les chenilles (3 mm), peu visibles, cachées se nourrissent de la cuticule sous les feuilles du buis ; puis, elles commencent à ronger les feuilles, tissant des fils ténus, sur lesquelles se déplacent les insectes. Au stade 3, elles grossissent et mangent entièrement les feuilles, puis enfin, elles dévorent l’écorce de l’arbuste ; les chenilles (de couleur blanc argenté, bordé de noir) sont alors à leur taille maximale (4 cm) et se métamorphosent en chrysalide, puis en papillons.
  • La pyrale se reproduit toute l’année et ne meurt pas l’hiver ; les plus jeunes se créent un cocon pour survivre aux températures  et dès le printemps (mars-avril) reprennent leur destruction.

La lutte contre la pyrale

A savoir qu’il est difficile de détecter l’insecte ; les petites chenilles se cachent très discrètement sous les feuilles.

Comment détecter sa présence ? Quid des dégâts sur le feuillage : les feuilles brunissent, sèchent et finissent par tomber. On distingue des cocons, de toiles et des fils sur les branches et des déjections vert foncé sur le sol… l’ennemi est là !

Les techniques

  • La prévention : elle est essentielle et passe par le piège à phéromones. Le piège va attirer la pyrale et les autres insectes nuisibles sur une plaque engluée : ils seront capturés avant fécondation.
  • Le meilleur traitement naturel contre la pyrale est une bactérie (le Bacillus thuringiensis) qui va être déposée sur les feuilles et mangée par les chenilles. La bactérie, ingérée, va s’attaquer au système digestif de la chenille, l’empêchant de s’alimenter et donc de mourir.

Les bons gestes 

Suite au traitement, une fois le buis, débarrassé de l’indésirable envahisseur, laver à l’eau, tailler l’arbuste, surveiller constamment le buis, brûler les déchets… la pyrale est d’une nature coriace !

Il existe d’autres moyens de lutte, simples à mettre en place : un faible éclairage dans le jardin, poser un filet anti-insectes à fines mailles, désinfecter les lames pour la taille, déposer un nichoir à mésanges (elles en raffolent de ces chenilles), compter sur un hiver froid et durable… mais ce paramètre, on ne le maîtrise pas ! Et surtout, coopérer avec vos voisins pour une riposte collective, efficace et croiser les doigts… pour gagner la « bataille » et sauver vos buis !