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Qu’est-ce que la canicule océanique ?

Laura J. Publié par Laura J. - le 15 août 2022

Cette saison estivale a été particulièrement marquée par des déferlantes de vagues de chaleur sur tout l’hexagone. Si nous souffrons des températures de l’air qui augmentent, il ne faut pas oublier que c’est tout notre écosystème qui réagit face à ces hausses du mercure. La Mer Méditerranée a donc elle aussi montré des signes d’essoufflement en cet été 2022, avec des températures extrêmement hautes dans la plupart des régions, aussi bien en surface qu’un peu plus en profondeur. Dans cet article, nous analysons ce phénomène pour mieux le comprendre !

Quelle est la définition de la canicule océanique ?

Bien que relativement rares, les canicules océaniques sont caractérisées par une augmentation importante – et de durée – des températures de l’eau. Cette hausse est enregistrée certes en surface, mais ces dernières années, des tendances de ce genre ont aussi été enregistrées plus en profondeur, à 20 mètres, 40 mètres et 55 mètres.

Résultat ? C’est tout l’écosystème qui est mis à mal. En Méditerranée par exemple, des espèces comme la posidonie ou les gorgones subissent de plein fouet l’impact du mercure qui ne cesse de grimper sur plusieurs semaines.

Quelles sont les données présentes et passées enregistrées en Méditerranée ?

A cause de la température de l’air anormalement élevée observée lors des vagues de canicule et une saison caractérisée par une absence notable de mistral, l’eau a elle aussi pris quelques degrés dans tout le bassin méditerranéen.

Entre la mer Tyrrhénienne et la mer des Baléares par exemple, le thermomètre a pu atteindre entre 27 et 30° au mois de juillet, ce qui correspond à une hausse de 4 à 6 degrés au-dessus des maximums de saison.

Les côtes françaises elles aussi ont été bien entendu impactées. Le dimanche 24 juillet 2022, une pointe à 30.7° a été enregistrée par la bouée d’Alistro, en Corse. Alors que le golfe du Lion est généralement caractérisé par des eaux à 25 °C environ, le mercure tarde à descendre en ce mois d’août. Il reste autour des 27 à 29 °C, et cela sur une très large partie de la Méditerranée occidentale.

Ce phénomène est-il exceptionnel ? Oui. C’est seulement depuis 1982 que les données satellites sont réputées pour être parfaitement fiables en matière de perception des températures l’eau. Depuis cette date, la seule hausse d’une ampleur comparable a été enregistrée en 2018, avec une poussée à +6.5 ° au large de Marseille.

Entre 1989 et 2017, ce sont toutefois pas moins de 29 canicules qui ont été constatées en Mer Méditerranée. Elles couvraient en moyenne 40 % de la surface du bassin et duraient une vingtaine de jours.

Le changement climatique peut-il expliquer ce phénomène ?

Nous venons de le voir, les épisodes de canicules océaniques ne sont pas exceptionnels puisque plusieurs occurrences ont été constatées au fil des dernières décennies. Toutefois, les scientifiques ont observé :

  • Une augmentation de leur intensité en surface ;
  • Une extension spatiale notable ;
  • Une augmentation de la durée des phénomènes.

Le scénario le plus pessimiste émis par le rapport du GIEC annoncerait même un épisode par an qui pourrait devenir 4 fois plus intense et 4 fois plus long. Le changement climatique est donc effectivement l’un des principaux moteurs de ce phénomène !