Santé / Bien-être | En buvant de l'eau, vous buvez aussi du plastique
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En buvant de l'eau, vous buvez aussi du plastique

Publié par Anton Kunin - le 22 août 2018
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Les particules microscopiques de plastique sont devenues tellement omniprésentes qu’il est désormais pratiquement impossible de trouver de l’eau non polluée.

L’eau de robinet, contaminée au plastique dans 8 cas sur 10

Vous n’y pensez peut-être pas, mais tous les jours, sans nous en apercevoir, nous ingérons du plastique. Et cela, sans même que l’aliment soit en contact direct avec un emballage fait en ce matériau. Selon une étude allemande dont la publication est prévue dans le numéro de septembre de la revue Water Research, un litre d’eau prélevé dans une bouteille en plastique vendue dans le commerce contient entre 2.649 et 2.857 microparticules de plastique, tandis qu’un litre d’eau provenant d’une bouteille en verre en contient entre 6.292 et 10.521.

L’eau du robinet n’est pas épargnée non plus. Lors d’une expérience menée en septembre 2017, les journalistes d’Orb aux quatre coins du monde ont fait analyser des échantillons d’eau prélevés au robinet. Et le verdict est sans appel : 80% des échantillons en moyenne contenaient des microparticules de plastique. Étaient contaminés 72% des échantillons prélevés en Europe, 82% des échantillons en Inde et 94% des échantillons aux États-Unis.

Microparticules de plastique : une multitude de sources

D’où viennent donc ces microparticules de plastique ? Tout d’abord des tissus synthétiques. Lorsque vous lavez des vêtements en laine polaire, acrylique ou polyester, des morceaux minuscules de plastique s’en dégagent, entrent dans les canalisations et, faute de filtres adaptés dans les installations de traitement d’eaux usées, intègrent les cours d’eau. 1 million de tonnes de ces particules seraient lâchées tous les ans dans la nature.

Autre source : les pneus des voitures. Lors du frottement contre le sol, à l’image d’un crayon qui laisse une trace au contact du papier, avec chaque mètre parcouru, les pneus perdent de leur épaisseur et laissent sur la chaussée un tout petit peu de poussière noire. Il s’en dégagerait 20 grammes tous les 100 kilomètres.

Les peintures ont aussi leur part de responsabilité. En effet, 10% des microparticules de plastique flottant dans l’océan proviendraient de peintures. Enfin, les microbilles de plastique entrant dans la composition de produits de beauté, interdits en France depuis janvier 2018, restent autorisées dans de nombreux pays. Rien qu’aux États-Unis, 8.000 milliards de ces microbilles se sont retrouvées dans les canalisations en 2015.

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